Thérapie EMDR : se libérer des traumatismes et des chocs émotionnels

Thérapie EMDR

Se libérer des traumatismes et des chocs émotionnels

Sophie Lucas - Hypnose humaniste et EMDR à Cavaillon (Vaucluse)

Quand un événement reste figé en vous

Parfois il y a des moments que le temps n’efface pas.

Peut-être que c’est une image qui revient sans prévenir. Ou une odeur, une phrase, un détail anodin, et le cœur s’emballe. Vous y êtes à nouveau, comme si c’était hier.

Peut-être que vous évitez certains lieux, certaines conversations, certaines personnes, sans toujours savoir pourquoi. Ou que vous répétez les mêmes situations, les mêmes liens, sans comprendre ce qui vous y ramène.

Ou bien c’est cette réaction qui vous échappe, encore et encore. Une bouffée d’angoisse qui vous oppresse sans raison apparente. Des larmes qui montent au mauvais moment. Une colère démesurée par rapport à la situation réelle.

Vous avez peut-être tout fait pour passer à autre chose. Vous pensez peut-être même que c’est derrière vous. Depuis longtemps. Et malgré tout, vous sentez bien que quelque chose résiste. Comme si, en coulisse, une part de vous continuait d’agir à votre place.

Ce n’est pas une faiblesse, ni un manque de volonté. C’est un souvenir qui n’a pas pu être digéré correctement, et qui reste actif dans votre mémoire. La thérapie EMDR aide votre cerveau à retraiter cet événement et à le digérer enfin, durablement.

Qu'est-ce que l'EMDR ?

L’EMDR a été mise au point en 1987 par une psychologue américaine, Francine Shapiro, presque par hasard. Elle remarque un jour que certains mouvements des yeux font baisser l’intensité de pensées qui la perturbaient. Elle décide d’explorer cette observation de façon rigoureuse et en fait le sujet de sa thèse de doctorat en psychologie.

Le sigle vient de l’anglais : Eye Movement Desensitization and Reprocessing, autrement dit désensibilisation et retraitement par les mouvements oculaires. La stimulation peut d’ailleurs prendre plusieurs formes : le plus souvent les mouvements des yeux qui ont donné son nom à la méthode, mais aussi de légers tapotements alternés, d’un côté puis de l’autre. La méthode que je pratique aujourd’hui s’appelle l’EMDR-DSA, pour Désensibilisation par Stimulation Alternée, fidèle au protocole original décrit par Francine Shapiro.

L’EMDR est aujourd’hui reconnue dans le traitement du stress post-traumatique par l’Organisation Mondiale de la Santé (2013), par l’INSERM (2004) puis par la Haute Autorité de Santé (2007). Ce n’est ni une mode ni une promesse. C’est une approche validée, dont l’intention tient en une idée simple : relancer un travail que votre cerveau n’a pas pu mener à son terme.

Pourquoi certains souvenirs restent bloqués

Votre cerveau sait normalement traiter ce que vous vivez. Une journée se dépose, se classe, perd peu à peu sa charge. C’est pour cette raison qu’un souvenir ancien finit par devenir un souvenir, pas une blessure ouverte.

Votre cerveau possède en effet un système naturel qui digère les expériences, un peu comme la peau cicatrise une plaie toute seule. Vous n’avez rien à décider pour qu’une coupure se referme, le corps sait faire. L’esprit aussi : la plupart de ce que vous vivez se range et s’apaise sans que vous ayez à y penser. C’est ce que les spécialistes de l’EMDR appellent le Traitement Adaptatif de l’Information.

Mais lorsqu’un événement vous submerge, ce traitement ne se fait pas. L’information reste stockée telle quelle, en morceaux : l’image d’un côté, la peur de l’autre, une sensation dans le ventre, une phrase entendue. Rien n’est relié, rien n’est rangé. Le souvenir reste à vif. La cicatrisation, cette fois, a été empêchée.

Alors il se réactive. Un détail suffit, et tout revient avec la même intensité qu’au premier jour, comme si le danger était encore là. Ce n’est pas vous qui ressassez. C’est votre système nerveux qui n’a pas terminé son travail. On parle de mémoire traumatique pour décrire ce souvenir resté actif, qui agit sur vous comme s’il appartenait au présent.

Un souvenir resté à vif ne fait pas que revenir en images. Il vous a appris quelque chose sur vous-même, quelque chose de faux et de douloureux. « Je ne suis pas à la hauteur. » « Je ne peux compter sur personne. » « C’est ma faute. » Cette conviction s’est installée à votre insu, et elle continue de teinter votre regard sur vous bien après l’événement. Retraiter le souvenir, c’est aussi défaire la croyance limitante qu’il a gravée. Les deux sont liés, ils se libèrent ensemble.

Le psychiatre Bessel van der Kolk a consacré sa vie à montrer une chose : le corps garde la trace de ce que l’esprit voudrait oublier. Tant que cette trace n’est pas retraitée, elle continue d’agir, en dehors de votre volonté. C’est exactement ce dont parle votre inconscient lorsqu’il déclenche des réactions plus fortes que vous.

Comment se passe une séance d'EMDR

Le déroulé est précis et entièrement sécurisé.

Nous commençons par poser un cadre, par installer en vous un sentiment de sécurité avant d’approcher quoi que ce soit de douloureux. Rien n’est précipité. Vous restez aux commandes à chaque instant.

Une fois ce cadre établi, vous vous reconnectez brièvement au souvenir et à ce qu’il fait remonter. Pendant ce temps, votre attention suit le rythme régulier de la stimulation, d’un côté puis de l’autre, par séries. Entre deux séries, nous faisons une pause, et vous me dites simplement ce qui s’est présenté.

Vous n’avez rien d’autre à faire. Pas à analyser, pas à comprendre, pas à forcer quoi que ce soit. Moi non plus, je n’interviens pas sur le contenu. Pendant le retraitement, c’est votre cerveau seul qui travaille, qui relie et range ce qui était resté épars, un peu comme il le fait naturellement pendant le sommeil. Mon rôle est d’accompagner et de sécuriser ce processus, pas de le diriger.

Petit à petit, le souvenir se retraite. Il ne disparaît pas, il ne s’efface pas. Il se range enfin. La cicatrisation qui avait été empêchée peut enfin se faire.

L’objectif n’est pas que vous oubliiez. Mais que ce moment douloureux retrouve sa juste place, derrière vous, dans le passé. Vous saurez ce que vous avez traversé, mais votre corps cessera de le rejouer. L’émotion se sera déposée, et ce souvenir cessera enfin de faire intrusion dans votre présent.

Est-ce que ça me concerne ?

On pense souvent au traumatisme comme à quelque chose de spectaculaire : une agression, un accident, une catastrophe. Ces événements relèvent en effet de l’EMDR. Mais s’arrêter là serait passer à côté de l’essentiel.

Un traumatisme, c’est avant tout une expérience qui crée un avant et un après. Un moment après lequel quelque chose en vous n’est plus tout à fait pareil.

Et il y a un signe qui ne trompe pas, plus fiable que la gravité de l’événement. Un souvenir ordinaire, quand vous le racontez, vous vous rappelez l’émotion que vous aviez ressentie, mais vous ne la ressentez plus maintenant. Elle appartient au passé. Un souvenir traumatique, lui, fait remonter l’émotion intacte, ici et maintenant, au moment même où vous en parlez. Le ventre se serre, la gorge se noue, comme si c’était encore en train d’arriver. C’est ce signe que la charge est restée vive, et c’est précisément cette charge qui se travaille.

Cela peut être un accident de voiture, une dispute violente, un choc émotionnel qui vous a laissée en état d’alerte longtemps après. Cela peut aussi être bien plus discret. Une phrase répétée pendant l’enfance. Une humiliation. Un abandon. Une perte. Un climat qui a duré des années sans qu’on lui donne jamais de nom.

Ne jugez pas votre vécu en petit ou grand traumatisme. Deux personnes traversant le même événement n’en gardent pas la même empreinte. La seule question qui compte est celle-ci : est-ce que cela a, encore aujourd’hui, un impact négatif sur votre vie ? Des réactions qui vous échappent, des croyances négatives sur vous-même, un mal-être qui s’invite dans votre corps ou dans vos relations.

Si un souvenir, un événement, une parole vous fait encore souffrir aujourd’hui et pèse sur votre quotidien, alors cet outil peut vous aider.

Et si vous ne savez pas mettre le doigt sur un événement précis, ce n’est pas un obstacle. Bien des histoires sont faites de plusieurs choses mêlées, d’un climat plus que d’un moment unique. La méthode s’adapte à cette complexité. Nous partons de ce qui est là aujourd’hui, de ce que vous ressentez maintenant, pour remonter le fil.

Ce travail ne concerne d’ailleurs pas que le passé. Certaines peurs irraisonnées, certaines angoisses qui anticipent le pire avant même que rien n’arrive, reposent elles aussi sur une mémoire ancienne. Quelque chose en vous a appris à redouter, et projette cette alarme sur l’avenir. Là encore, on remonte à la source pour apaiser ce qui, aujourd’hui, vous fait craindre demain.

EMDR et hypnose humaniste : deux outils complémentaires

Mon travail repose sur l’hypnose humaniste. C’est mon approche, celle où vous restez pleinement consciente, active, capitaine de votre propre transformation. Elle s’intéresse à la racine de ce qui vous bloque, pas seulement au symptôme.

L’EMDR ne remplace pas cette approche. Elle la complète.

L’hypnose humaniste vous ouvre un large territoire intérieur à explorer, vos schémas, vos loyautés, ce que vous portez sans le savoir. L’EMDR, elle, vient se concentrer sur un souvenir précis qui fait encore effraction, pour le désamorcer. L’une élargit, l’autre cible. La posture aussi diffère : en hypnose humaniste vous êtes pleinement actrice, à l’œuvre dans votre propre transformation, tandis qu’en EMDR vous laissez faire, vous accompagnez un processus que votre cerveau mène de lui-même. Parfois l’une suffit. Parfois elles se répondent au fil d’un même accompagnement.

Dans les deux cas, l’intention est la même, et ma façon de travailler aussi. Je cherche toujours la même chose : cette émotion encore vive, restée accrochée à un événement, qui se réveille dans votre corps quand vous l’approchez. C’est elle que je vous invite à travailler, en hypnose comme en EMDR. Pas le récit, pas l’explication, mais la charge qui n’est pas encore retombée.

Ne pas masquer la douleur, donc, mais aller à sa source pour qu’elle cesse de diriger votre vie. Et dans les deux cas, ce travail s’inscrit dans le temps. On défait rarement en une séance ce qui s’est construit sur des années.

Une nouvelle dimension à mon accompagnement

Je me suis formée à l’EMDR-DSA en 2026, après plusieurs années de pratique en hypnose humaniste. Ce choix n’est pas un changement de cap. C’est un approfondissement.

Plus j’accompagne, plus je constate que derrière une rupture difficile à surmonter, un vide qui s’installe, une histoire qui se répète ou des angoisses envahissantes, il y a très souvent une mémoire ancienne restée à vif. L’EMDR me donne un moyen de plus pour aller la rejoindre et l’apaiser.

C’est une corde supplémentaire à mon arc, au service de la même chose qu’avant : vous aider à vous libérer de ce qui vous retient, en profondeur et durablement.

« Le traumatisme n’est pas l’histoire de quelque chose qui s’est produit jadis. C’est l’empreinte vivante laissée par cette expérience dans le corps, le cerveau et l’esprit. » — Bessel van der Kolk, Le Corps n’oublie rien